Biblical advisory, explicit lyrics : Korn – Blind

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C’est avec un album qui a pour seul titre le nom du groupe, que Korn débarque en 1994. De nombreux fans considèrent ce disque comme leur meilleur tant il sonne bien, sans artifice, brut de décoffrage…

Korn arrive avec le bon disque au bon moment, ils visent juste… Cet opus touche certains jeunes, qui comme moi à l’époque, apprécient autant Slayer et Metallica que Cypress Hill et Public Enemy. Bien sûr on connaissait déjà des Body Count et autre Rage Against The Machine et leur fusion rap/metal mais le groupe Korn allait s’inspirer du mouvement hip hop pour créer du neuf.

C’est le morceau Blind qui introduit l’album. Ironie du sort : Blind veut dire aveugle alors qu’au contraire le groupe a plutôt l’air visionnaire sur ce coup-là : il ouvre un nouveau chapitre de l’histoire du rock en inventant le nu-métal presque par accident.

A l’époque on n’avait jamais entendu ça : dès le premier riff devenu légendaire, on comprend qu’on entre dans un autre univers… Le chanteur a beau essayer de hurler pour nous prévenir : Are you ready ? On n’a pas le temps de se préparer… La déferlante Korn arrive et elle frappe fort !

Leur succès est progressif mais retentissant. Pourtant, rien n’avait été étudié pour développer une stratégie marketing ou entrer dans les standards des radios et médias de l’époque. L’album sonne juste, il prend aux tripes : il est violent, sombre et mélancolique sans en faire des tonnes.

On reconnaît le son de Korn instantanément : Head et Munky oublient les solos guitare et tirent des riffs cheloux mais terriblement efficaces de leur grattes accordées 3 tons en dessous… Le duo basse-batterie est solide, oppressant et envoie du lourd ! Souvent Fieldy n’hésite pas à monter au créneau pour imposer sa basse comme un instrument lead. Mais celui qui surprend le plus, c’est Le frontman du groupe : Jonathan Davis, un écorché vif, qui s’offre une psychanalyse gratuite en vomissant dans son micro toutes les horreurs qu’il a subis dès son plus jeune âge.

Il partage ses souffrances sans filtres, comme pour les exorciser : l’expérience s’avère plutôt traumatisante à la première écoute. Ici, on est loin des mises en scènes gores romancées, vues et revues dans le milieu métal… On parle de traumatismes bien réels que Jonathan retranscrit avec une rage et une tristesse qui font mal. Sans trop rentrer dans les détails, on ne peut pas dire qu’il ait eu une enfance dorée. Il a vécu le viol, le déni de ses parents, le rejet, la violence, le harcèlement jusqu’à l’université. Un début de carrière de médecin légiste dans une morgue a fini de le dégoûter de l’espèce humaine… Les tourments à l’origine de la colère qu’il exprime dans ses textes sonnent malheureusement trop juste, c’est du vécu…

Voilà l’essentiel de la traduction des paroles de Bind en français :

Are you ready?!

Êtes-vous prêt ?

This place inside my mind,
A place I like to hide
You don’t know the chances.
What if I should die?!

Cet endroit dans mon esprit,
un endroit où j’aime me cacher
Vous ne connaissez pas les chances.
Et si je devais mourir ?

A place inside my brain,
Another kind of pain
You don’t know the chances.
What if I should die?!

Un endroit dans mon cerveau,
un autre type de souffrance
Vous ne connaissez pas les chances.
Et si je devais mourir ?

Another place I find
to escape the pain inside
You don’t know the chances.
What if I should die?!

Une autre place que je trouve
pour échapper à la souffrance intérieure
Vous ne connaissez pas les chances
Et si je devais mourir ?

A place inside my brain,
Another kind of pain
You don’t know the chances.
What if I should die?!

Un endroit dans mon cerveau,
un autre type de souffrance
Vous ne connaissez pas les chances.
Et si je devais mourir ?!

Deeper and deeper and deeper as I dream to
Live a life that seems to be
A lost reality
That can never find a way to reach my inner…
…self-esteem is low.

Toujours plus profond pendant mon rêve
Vivre une vie qui semble être
Une réalité perdue
Qui ne trouve pas le chemin pour atteindre mon être intérieur…
…mon estime de moi-même est faible.

How deep can I go
in the ground that I lay?
If I don’t find a way
to see through the gray that clouds my mind.
This time I look to see what’s between the lines!

A quelle profondeur puis-je aller
dans le sol où je me tiens ?
Si je ne trouve pas de chemin
pour voir à travers le gris qui
embrume mon esprit.
Cette fois, je regarde pour voir ce qu’il y a entre les lignes !

I can’t see, I can’t see, I’m going blind…
I’m blind

Je ne peux plus voir, je ne peux plus voir, je suis aveugle…
Je suis aveugle

Comment rester de marbre devant l’émotion qui se dégage des paroles tantôt murmurées, tantôt hurlées…

Pour avoir travaillé des années avec des jeunes dont certains avaient vécu des traumatismes similaires à ceux évoqués plus haut, j’ai appris que nous n’avions pas tous les mêmes réactions face aux épreuves de la vie. Certains vont être extrêmement perturbés psychologiquement simplement par un père pas assez présent par exemple et d’autres vont se reconstruire admirablement bien après avoir subi les pires abus imaginables.

Nous ne sommes pas tous égaux en termes de résilience face à la souffrance. Aussi des millions de teenagers à travers le monde se sont reconnus dans le texte de Blind et dans la musique de Korn en général. À un niveau ou à un autre nous avons tous vécu le rejet, la violence et l’abus. Nous avons tous tenté de nous réfugier dans « un endroit de notre cerveau », de se réfugier dans des addictions ou d’essayer de mettre en place des mécanismes de protection face à des souffrances injustes.

Comme dans la chanson, nous pouvons comprendre ce que signifie être « au plus bas, avec une faible estime de nous-même » à cause d’actes que nous avons commis ou subi. Beaucoup de gens en ont perdu le sens et le goût de la vie parfois : « Sans pouvoir voir au travers du gris qui embrument nos esprits », jusqu’à se sentir déconnecté d’eux-mêmes, contraints à « Vivre une vie qui semble être une réalité perdue. Qui ne trouve pas de chemin pour atteindre son être intérieur. »

En se livrant dans des textes intimes et personnelles, Jonathan Davis a parlé à toute une génération. Nous nous sommes tous posé ces questions à un moment ou à un autre de nos vies : D’où vient le mal ? Pourquoi la souffrance ? Quel est le sens de la vie ? Vaut-elle la peine d’être vécue ?

La colère et la tristesse exprimées dans les chansons de Korn, notamment par rapport à la souffrance d’enfants innocents, ne peuvent que nous saisir aux tripes et nous ramener à ces questions existentielles qui ont laissées bien des philosophes démunis…

Je ne voulais pas finir cet article en laissant le dernier mot au désespoir et au non-sens de certains aspects du monde dans lequel nous vivons.

Trop de gens se sont laissé aigrir par la souffrance jusqu’à perdre de vue le sens et la beauté de la vie. À bien des égards nos souffrances peuvent faire de nous des gens aveugles, avec une faible estime de nous-même et rongés de l’intérieur comme le titre Blind le décrit si bien.

Mais un homme est venu sur terre pour montrer un chemin différent. Cet homme a ouvert les yeux des aveugles, il a porté nos souffrances, nos fautes, nos addictions. Il a voulu nous réconcilier avec nous même c’est à dire avec la personne que Dieu a voulu créer en nous à l’origine, en nous réconciliant avec le Créateur lui-même.

Cette personne c’est Jésus-Christ : l’homme qui a changé l’histoire de l’humanité, parfaitement homme et parfaitement Dieu. Il a donné sa vie pour que nous ne restions pas prisonniers de nos souffrances et notre condition humaine déchue mais que nous entrions dans la vraie vie en abondance en restaurant notre relation avec Dieu. 600 ans avant sa naissance, le prophète Esaïe décrivait des épisodes de la vie de Jésus avec une précision troublante :

Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l’Éternel?
Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée; Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n’avait rien pour nous plaire.
Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.
Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié.
Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie; Et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous.

Esaïe 53.1-6

Non, Dieu n’est pas indifférent à nos douleurs, il est concerné par nos souffrances et nos difficultés à les surmonter. Il veut nous faire connaître son amour divin qui peut guérir nos blessures les plus intimes et les plus profondes. Jésus s’est fait homme pour porter nos douleurs, notre honte, il a payé pour nos fautes et il nous a réconcilié avec Dieu.

On dit souvent qu’il n’y a pas de plus grand aveugle que celui qui refuse de voir : Jésus nous invite à regarder à lui. De la même manière que le ciel et le soleil peuvent se refléter dans la plus sombre et la plus polluée des flaques d’eau, l’amour et la grâce de Dieu offertes en Jésus peuvent transformer la vie de quiconque croit en lui : quel qu’ait été son passé ou l’ampleur de ses besoins.

Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous.

Jacques 4.8

Je vous invite à écouter le témoignage de Brian « Head » Welch le guitariste de Korn qui a pris la décision de s’approcher de Dieu, pour découvrir comment Dieu est intervenu dans sa vie et l’a transformé.