Source Vidéo : Soundstage Presents Tom Petty — Live in Concert (Chaîne YouTube Blueonblack Blues)
Il existe des chansons qui racontent une histoire. D’autres qui décrivent un sentiment. Et puis il y a celles qui, avec quelques mots, nous invitent à réfléchir sur notre propre existence.
«Love is a Long Road » de Tom Petty appartient à cette dernière catégorie.
Rien que son titre pourrait déjà servir de point de départ à une réflexion : l’amour est une longue route.
Une route qui commence parfois dans l’enthousiasme, avec des projets et des rêves.
Une route qui connaît aussi des virages, des moments de fatigue, des désaccords et parfois des périodes où l’on ne sait plus très bien quelle direction prendre.
Cette image de la route rejoint étonnamment la manière dont la Bible parle de l’amour. Car dans la Bible, aimer n’est pas simplement une affaire de sentiments.
L’amour est aussi une manière de vivre, une attitude, une fidélité et, souvent, une décision renouvelée.
L’amour ne se résume pas aux émotions.
Lorsque nous parlons d’amour, nous pensons spontanément aux émotions.
Le bonheur d’être avec quelqu’un.
La joie des retrouvailles.
Les souvenirs partagés.
L’attachement.
Le désir de construire quelque chose ensemble.
Ces émotions sont importantes. Elles font partie de l’expérience humaine.
Mais elles ont une particularité : elles peuvent changer.
Il y a des jours où nous sommes particulièrement proches de quelqu’un.
Et d’autres où la fatigue, les préoccupations ou les difficultés de la vie prennent toute la place.
Si l’amour dépendait uniquement de ce que nous ressentons à chaque instant, il serait extrêmement fragile.
La Bible propose une autre perspective.
Dans sa célèbre description de l’amour, au chapitre 13 de sa première lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit notamment que l’amour est patient et plein de bonté.
Il ne dit pas simplement que l’amour procure de belles émotions.
Il parle de comportements.
Être patient est une décision.
Être bienveillant est parfois une décision.
Pardonner peut être une décision.
Écouter peut être une décision.
Chercher le bien de l’autre peut être une décision.
Voilà pourquoi l’amour biblique est beaucoup plus profond qu’un simple sentiment amoureux.
L’amour peut commencer par une émotion, mais il devrait apprendre à devenir une décision.
Une longue route plutôt qu’un instant.
Nous vivons dans une époque où beaucoup de choses semblent devoir être immédiates, cela s’est fortement accentué ces dernières années avec l’essor de l’usage d’internet et des réseaux sociaux.
Nous voulons des réponses rapides, des résultats rapides, des relations simples et des solutions immédiates.
Mais les choses les plus précieuses de la vie demandent généralement du temps.
La confiance demande du temps.
Construire une vraie amitié demande du temps.
L’entretenir également.
Un chemin de foi solide se développe progressivement et pas de façon magique.
Et bien sûr une relation amoureuse à deux, en couple, demande du temps.
C’est là que l’image de la route prend tout son sens.
Au début d’une route, on ne connaît pas toujours tout ce qui nous attend.
On sait où l’on veut aller, mais on ne connaît pas forcément tous les paysages, toutes les difficultés ou tous les détours.
Il en va de même pour une relation.
Au début, nous imaginons souvent les beaux moments.
Nous pensons aux projets, aux vacances, aux fêtes, aux réussites.
Mais personne ne peut prévoir exactement les difficultés qui apparaîtront au fil des années.
La maladie, les problèmes professionnels, les difficultés financières, les incompréhensions, les changements de vie, les blessures personnelles ou simplement la fatigue peuvent transformer profondément une relation.
C’est précisément dans ces moments-là que la question de l’amour prend une autre dimension.
« Aujourd’hui encore, je choisis d’aimer »
Aimer sur le long terme peut parfois signifier dire :
« Aujourd’hui, je ne ressens peut-être pas exactement ce que je ressentais hier, mais je choisis quand même d’aimer. »
Cette phrase ne signifie pas qu’il faut nier les difficultés.
Elle ne signifie pas non plus qu’il faut accepter l’inacceptable.
Elle signifie que l’amour véritable ne se mesure pas uniquement à l’intensité d’une émotion à un moment donné.
Il se mesure aussi à la capacité de traverser les différentes saisons de la vie.
Il y a des printemps dans les relations.
Mais il y a aussi des hivers.
Et une relation qui dure n’est pas nécessairement une relation qui n’a jamais connu l’hiver.
C’est peut-être plutôt une relation qui a appris à attendre le printemps.
Deux valent mieux qu’un.
Un autre texte biblique exprime magnifiquement cette réalité.
Dans le livre de l’Ecclésiaste, il est écrit :
« Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. »
Puis vient une phrase particulièrement parlante :
« Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon. »
Le texte ne dit pas :
« S’ils tombent, cela signifie que leur relation est mauvaise. »
Il dit simplement :
« S’ils tombent… »
Autrement dit, la chute fait partie des possibilités de la route.
L’être humain peut tomber.
Il peut se tromper.
Il peut se décourager.
Il peut traverser une mauvaise période.
Et dans une relation fondée sur l’amour, l’autre peut devenir celui qui aide à se relever. Cette image est particulièrement forte.
Aimer quelqu’un, ce n’est pas seulement marcher à ses côtés lorsque tout va bien. C’est aussi pouvoir dire :
« Tu es tombé ? Je vais t’aider à te relever. »
Et parfois, c’est nous qui aurons besoin de cette main tendue.
L’amour de Dieu comme modèle.
Pour le christianisme, cette réflexion trouve son modèle ultime dans l’amour de Dieu. La Bible affirme dans Jean 3.16 :
« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… »
Cette phrase contient quelque chose d’essentiel.
Dieu ne s’est pas contenté de déclarer son amour.
Son amour s’est traduit par une action.
Il a donné.
Et dans la foi chrétienne, la croix devient précisément le symbole de cet amour qui se transforme en acte.
Jésus n’a pas simplement parlé de l’amour.
Il l’a vécu.
Il a servi.
Il a pardonné.
Il a accueilli.
Il a relevé.
Il a recherché ceux qui étaient éloignés.
L’amour chrétien n’est donc pas seulement une belle idée.
Il est appelé à devenir concret.
Il se voit dans nos paroles, mais aussi dans nos actes.
Aimer ne signifie pas tout accepter.
Il existe cependant un piège lorsqu’on parle d’amour et de fidélité.
On pourrait croire que choisir d’aimer signifie tout supporter, tout accepter et ne jamais poser de limites.
Ce n’est pas ce que la Bible enseigne.
L’amour biblique est également lié à la vérité.
Dans sa lettre aux Éphésiens, Paul parle de « dire la vérité dans l’amour ».
Cette expression est importante.
Parce qu’il est possible de dire la vérité sans amour, et de blesser.
Mais il est également possible d’utiliser le mot « amour » pour éviter toute vérité ou toute confrontation nécessaire.
L’amour véritable cherche le bien.
Parfois, aimer quelqu’un signifie pardonner.
Parfois, cela signifie avoir une conversation difficile.
Parfois, cela signifie poser une limite.
Parfois, cela signifie chercher de l’aide.
L’amour n’est donc pas une faiblesse.
L’amour véritable peut être doux sans être naïf, généreux sans être aveugle et fidèle sans renoncer à la vérité.
Les petites décisions qui construisent une grande histoire.
Lorsqu’on regarde une relation après vingt, trente ou quarante ans, on pourrait être tenté de penser qu’elle repose sur quelques grandes décisions.
Mais en réalité, une histoire d’amour se construit souvent à travers une multitude de petites décisions.
Écouter plutôt que couper la parole.
Demander pardon plutôt que chercher à avoir raison.
Encourager plutôt que décourager.
Prendre du temps plutôt que toujours remettre à demain.
Dire merci.
Dire « je t’aime ».
Être présent.
Téléphoner.
Partager un repas.
Soutenir l’autre dans une période difficile.
Pardonner une petite blessure.
Recommencer après une dispute.
Ces gestes peuvent sembler insignifiants.
Pourtant, additionnés les uns aux autres, ils construisent une histoire.
Une longue route est toujours composée de petits pas.
Et si l’amour était une décision quotidienne ?
Peut-être est-ce là l’une des questions les plus intéressantes que nous pouvons tirer de cette réflexion.
Nous parlons souvent de la décision d’aimer comme d’un grand engagement pris une fois pour toutes.
Mais il existe aussi une dimension quotidienne.
Chaque matin, nous pouvons choisir la manière dont nous allons traiter les personnes qui nous entourent.
Chaque jour, nous pouvons décider d’être patients.
Chaque jour, nous pouvons décider d’écouter.
Chaque jour, nous pouvons décider de pardonner.
Chaque jour, nous pouvons choisir de prendre soin.
Chaque jour, nous pouvons choisir de ne pas laisser une petite contrariété devenir une grande fracture.
Et lorsque nous échouons — car nous échouons tous !!! — nous pouvons encore décider de demander pardon et de recommencer.
C’est peut-être cela, finalement, la fidélité.
Non pas être parfait.
Mais continuer à choisir le chemin de l’amour malgré nos imperfections.
Une route que Dieu parcourt avec nous.
La foi chrétienne ajoute une dimension supplémentaire à cette image de la route.
Le chrétien ne croit pas qu’il doit apprendre à aimer uniquement par ses propres forces.
Il croit que Dieu lui-même l’accompagne.
Le livre des Lamentations dit :
« Les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées… elles se renouvellent chaque matin. »
Chaque matin.
Cette image est magnifique.
Elle nous rappelle que la fidélité de Dieu n’est pas seulement une histoire du passé.
Elle est renouvelée.
Jour après jour.
Et peut-être que cela peut nous apprendre quelque chose sur nos propres relations.
Nous ne pouvons pas vivre éternellement sur les souvenirs d’hier.
Nous devons apprendre à aimer aujourd’hui.
Et demain, nous recommencerons.
Alors, que peut nous apprendre cette idée de « longue route » sur l’amour ?
Peut-être que la question essentielle n’est pas toujours :
« Est-ce que je ressens encore exactement ce que je ressentais au début ? »
Mais plutôt :
« Quelle décision d’amour suis-je appelé à prendre aujourd’hui ? »
Peut-être écouter quelqu’un.
Peut-être demander pardon.
Peut-être pardonner.
Peut-être appeler une personne que nous avons négligée.
Peut-être prendre du temps avec notre conjoint, notre enfant, notre parent ou notre ami. Peut-être simplement dire :
« Je suis là. Nous allons continuer à avancer. »
Parce que l’amour n’est pas seulement une destination.
C’est une route.
Une longue route.
Une route faite de joies et de difficultés, de réussites et de chutes, de pardons et de recommencements.
Et pour le chrétien, cette route peut être parcourue avec une certitude : Dieu nous précède, nous accompagne et nous enseigne à aimer.
Tom Petty nous invite, avec le titre de sa chanson, à considérer l’amour comme une longue route.
La Bible va encore plus loin.
Elle nous invite à devenir, nous-mêmes, des personnes capables de parcourir cette route avec fidélité.
Car au bout du compte, aimer ce n’est peut-être pas promettre que la route sera toujours facile.
C’est accepter de dire :
« La route sera peut-être longue. Elle sera parfois difficile. Mais aujourd’hui encore, je choisis de marcher dans l’amour. »
Et peut-être que c’est justement cela qui transforme une histoire en véritable histoire d’amour.
Pas l’absence de difficultés.
Pas la perfection.
Mais la fidélité dans la durée.
L’amour est une longue route.
Et chaque jour, la possibilité nous est donnée de faire un pas. Chiche d’essayer ?

(Image IA)
Article de Samuel, Métal Mission Fr
