La perte d’un modèle
Je me souviens du jour où j’ai appris la mort de Mitch Lucker, le chanteur du groupe de deathcore américain Suicide Silence. Je l’avais vu quelques mois auparavant en concert dans une salle connue de Nantes, le Ferrailleur. Après leur show, j’avais eu l’occasion d’échanger quelques mots avec lui sur la prestation du groupe, et aussi de me faire prendre en photos avec lui et les autres musiciens du groupe.
Le 1er Novembre 2012, j’apprenais qu’il était décédé suite à un accident de moto.
Ce temps semblait lointain et je n’arrivais pas à me faire à l’idée que l’un de mes artistes favoris, ait pu mourir de façon si subite dans ce que je considérais comme une simple accident. J’avais l’impression de mieux comprendre ce qu’avaient pu vivres les fans de Pantera lorsque Dimebag Darel, leur guitariste virtuose, s’était fait descendre sur scène par un fan déçu. Mon monde n’était pas rose, et cet événement venait en noircir le tableau. « La vie est vraiment fragile » me disais-je ; j’avais l’impression d’avoir perdu l’un de mes proches ce jour là.
Jeune, j’avais besoin de repères, de modèles. Oubliant ma figure paternelle et les gens qui m’aimaient vraiment, je m’étais, dès l’adolescence, tourné vers des hommes et des femmes que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, les stars du rock et du metal. Mitch Luker en faisait partie. Tatouages, vêtements, attitude et langage, je décortiquais ce que je voyais de lui pour essayer de devenir moi aussi, en le copiant, quelqu’un de reconnu, d’apprécié.
Je ne faisais pas seulement cela avec Mitch, je le faisais aussi avec d’autres artistes. Comme j’étais guitariste et membre de plusieurs groupes, je cherchais aussi à copier certaines façons de jouer, de bouger sur scène. J’analysai le son et le matériel de mes artistes favoris. C’était ma vie : chercher par tout sortes de modèles et d’influences à bâtir un homme parfait dans le monde dans lequel j’avais décidé de vivre, celui du metal. Mais cette course était sans fin. Pourquoi ? Parce que tout le monde avait un avis sur la bonne ou la mauvaise façon de vivre sa vie, et chacun y allait de son commentaire sur la vie des artistes. Honnêtement, je ne savais plus où donner de la tête. Déjà que j’avais du mal à m’apprécier, alors, si les autres avaient eux aussi des personnes qui ne les appréciaient pas, comment faire ? Et puis, je m’apercevais aussi assez rapidement que ces personnes publiques n’avaient pas une vie sans faille : adultère, violence, paroles haineuse, vies débridées… Je devais faire un choix : soit vivre sans trop me poser trop de questions, en ayant l’impression d’être un homme auquel on avait retiré le cerveau, soit être dans un questionnement perpétuel, position inconfortable et détruisant mes nerfs.
La mort de Mitch Lucker avait été un véritable tournant dans ma vie. Je m’étais aperçu que la célébrité n’était rien face à la mort, et que les plus grands hommages ne rendraient jamais la vie à un homme. Je m’étais aussi rendu compte que je ne pouvais pas compter sur Mitch, ni sur aucun autre homme : au moment de leur mort, ils m’abandonneraient, sans retour. J’avais déjà eu ce sentiment à la mort d’un de mes grands pères bien-aimé.
Je vous épargne tout le cheminement spirituel qui suivit, pour en arriver rapidement au but : j’ai cherché en vain un modèle parfait ici bas. Tous me décevaient. Je ne me contentais plus seulement d’examiner la vie des artistes, mais, même en élargissant mon spectre de recherche, le constat restait le même : personne.
La personne parfaite
Un jour cependant, j’ai découvert un autre modèle. Aujourd’hui, cette personne n’est plus physiquement présente dans notre monde, pourtant elle y agit avec plus de puissance et d’autorité que n’importe quel individu vivant à notre époque. Cette personne dont je veux vous parler, c’est Jésus.
En examinant les Évangiles, ces livres dans lesquels sont consignées sa vie, nous pouvons y voir combien il fut exemplaire. Il enseignait les foules avides de connaissances spirituelles ; il guérissait aussi des personnes aux handicaps insoignables, comme des aveugles, des paralytiques de naissance, des sourds-muets, ainsi que des lépreux. Il chassait du corps de pauvres personnes tourmentées des démons puissants, qui étaient parfois plusieurs à s’acharner sur une même personne (cf. Marc 5.1-20). Il reprenait publiquement les autorités religieuses et spirituelles instituées, inquiètes pour leur place, leur réputation, leurs privilèges et par l’argent qu’elles pouvaient gagner.
Jésus ouvrait les yeux spirituels et charnels des personnes qui écoutaient sa parole. Ces dernières voyaient les miracles extraordinaires qu’il était capable de faire. Jésus était un homme comme nous ; cependant, il a pu faire tout cela parce qu’il était parfaitement Dieu.
La mort pour la vie
Son plus grand exploit fut celui-ci : accepter la mort sur la croix, afin de porter tous nos péchés, et nous donner la vie éternelle. Cela pourrait s’arrêter ici, mais sachez une chose : après sa mort, Jésus revint à la vie, il ressuscita ! Aujourd’hui, la Bible dit qu’il vit, et qu’il n’attends qu’une chose : que nous saisissions la main qu’il nous tend.
Quand j’ai compris ce qu’il avait fait pour moi, une libération se produisit : j’étais déchargé du lourd fardeau de mes péchés, et je n’avais plus peur de la mort. De plus, le fait qu’il m’aime malgré mes nombreuses erreurs était l’une des choses qui me bouleversait le plus.
Les différences entre hier et aujourd’hui
Avant, lorsque j’avais des idoles, je me conformai à ce qu’elles me demandaient de faire, consciemment ou inconsciemment, mais j’étais, finalement, toujours déçu. Aujourd’hui, après quelques années de marche avec Jésus, je me rend compte que le fait de lui obéir n’a jamais été une source de déception. Même si je ne comprends pas tout, au fur et à mesure de ma marche, pas après pas, le chemin s’éclaire, et je comprends qu’il est vraiment au contrôle.
Avant, j’étais aussi de ceux qui avaient des paroles de mort, des attitudes qui sèment la destruction et le chaos. Aujourd’hui, je porte en moi une lumière qui ne s’éteint pas ; je suis un ouvrier de paix, et, par sa grâce, je transmet la vie.
Lors de mon cheminement avec lui, au travers de ma lecture de la Bible, Jésus m’a fait cette merveilleuse promesse, à moi, mais elle est aussi pour tout ceux qui s’attachent à lui :
« Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »
Évangile selon Matthieu, chapitre 28, verset 19
C’était exactement ce dont j’avais besoin ! Aucun artiste n’avait fait cela : il fallait payer pour aller assister à des concerts, acheter des livres, des cd, des t-shirts, et d’autres choses encore. Aucune de ces choses ou de ces personnes ne pouvait m’accompagner partout où j’allais. Lui m’offrait sa présence à chaque instant, tout fait gratuitement.
Une autre chose devait aussi me rassurer : il allait tout faire, par le Saint-Esprit, pour que je je lui ressemble dans tous les aspects de ma vie, celui de mon caractère par exemple. Il est de ceux qui achèvent ce qu’ils commencent. Aucun des artistes que j’avais adulés ne pouvaient me proposer cela.
Jésus ne m’a jamais déçu. Il m’encourage, me console, me relève quand j’ai chuté. Il ne désespère pas de moi. Il est mon guide, mon conseiller. Il a promis ceci :
« Je t’instruirais et te montrerais la voie que tu dois suivre. Je te conseillerais, j’aurais le regard sur toi. »
Psaume 32, verset 8
Détruisez vos idoles
La Bible enseigne que tout ce qui prend la place de Dieu dans notre cœur à un nom : une idole. Une idole est souvent une statue ou sculpture qui ne bouge pas, représentant une divinité devant laquelle un homme ou une communauté de croyants se prosterne, prie, et lui confie tout ou une partie de sa vie. Une idole demande l’adoration (le mot « adorer » a une étymologie qui signifie « prier vers »).
La Bible dit des idoles qu’elles sont des faux dieux, des dieux de néant. Dieu mettait en garde son peuple contre elles dans le texte bien connu des dix commandements :
« Tu ne te fera pas de statue, ni de représentation quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, de ce qui est en bas sur la terre, et de ce qui est dans les eaux plus bas que terre. Tu ne te prosternera pas devant elles, et tu ne leur rendra pas de culte »
Exode 20.4-5a.
Cependant, une idole n’est pas toujours une représentation faite d’or, d’argent, de bronze, de pierre, de bois ou de plâtre (cf. Apocalypse 9.20). Elle peut revêtir la forme d’un homme, d’un objet, d’une philosophie de vie, d’une substance, d’une addiction et de bien d’autres choses encore.
Avec le décès de Mitch Lucker, l’une de mes idoles n’était plus. De nombreuses autres, allaient, par la suite, tomber les unes après les autres : la drogue, la musique, la culture, des célébrités, mon orgueil, tout ceci afin de ne laisser de place qu’à celui qui est porteur de la vraie vie : Jésus.
Plus que les idoles
Loin d’être une statue, Jésus est vivant, et il agit dans ma vie, comme il peut aussi le faire dans la vie de chaque personne qui lui confie la sienne. Les idoles ne sont que néant, et le néant ne peut rien combler. Un cœur attaché à des choses de néant restera désespérément vide. Seul celui qui peut remplir tout en tous peut le combler, Jésus (cf. Éphésiens 1.23).
Prendre une décision personnelle
Si Dieu n’est pas le premier dans ta vie, c’est qu’une idole en a pris la place. Si tu peux la nommer, dis à Dieu qui elle est, et demande lui de t’en débarrasser ou de t’aider à le faire. Si tu ne sais pas la nommer, mais que tu sais qu’une chose prend la place de Dieu, demande lui son aide, et il t’aidera à la débusquer. Ce que tu peux faire aujourd’hui est simple : prie Jésus. Dis lui :
« Je reconnais que tu n’as pas la première place dans ma vie,
Et que tu n’es pas celui qui me sert de modèle.
Je veux te ressembler, penser, agir, et aimer comme toi.
Rends-moi parfait.
Je te confie ma vie, et je crois que tu me pardonne de tous mes péchés,
De toutes les fois où j’ai adoré des idoles plutôt que toi.
Je te demande de me libérer de ces idoles,
De m’aider à m’en séparer ou à les détruire.
Jésus, je choisi de te faire confiance :
Tu me guideras dans cette vie,Et j’aurais la vie éternelle, avec toi.
Amen ! ».
Si tu as fait cette prière d’un cœur sincère, il sera à tes côtés dans cette nouvelle vie qui s’ouvre devant toi. Si tu lui avais déjà confié ta vie, mais qu’une idole en avait pris sa place, tu t’es à nouveau consacré à ton Dieu ; ne doute pas du pardon qu’il t’accorde : ta vie est entre ses mains.
Seigneur Jésus, qu’aucune idole ne vienne nous masquer ta gloire et nous empêcher de marcher à ta suite, car nous voulons la vraie vie, et non la mort qui aurait une apparence de vie. Prends la première place dans nos cœurs, amen !
Remerciement : Jonathan A. pour la correction de mon article.
Sitographie : Mitch Lucker — Wikipédia (wikipedia.org)
Hymnographie :Te ressembler Jésus (Jeunesse en Mission n°240)
